Démarrer son potager


Green Life / dimanche, novembre 8th, 2020

Comme beaucoup de monde cette année, le confinement vous a peut-être donné l’envie de vous lancer dans l’aventure de produire vos propres fruits et légumes. Si vous n’avez pas eu l’occasion de vous lancer en ce début d’année, pas de panique, la meilleure période pour débuter son jardin arrive. En effet, l’automne/hiver représente le moment idéal pour préparer son potager et notamment sa terre. Ces longs mois permettent au jardinier d’enrichir sa terre, d’améliorer la qualité du sol et de renforcer la vie de celui-ci. Ainsi, lorsque le printemps reviendra, le potager disposera de tous les nutriments nécessaires au bon développement des différents plants.

 

Ceci est vrai bien sûr pour les potagers en pleine terre. Si vous prévoyez de jardiner sur balcon par exemple, vous aurez le temps de démarrer au printemps puisqu’il suffira d’utiliser de la terre de culture toute prête.

Avant de plonger vos mains dans la terre, il est indispensable d’envisager certains aspects importants. N’ayez crainte, rien de bien compliqué.

Le temps :

Jardiner demande du temps. Peu importe la taille de votre potager, il faudra lui accorder du temps. C’est donc une notion qu’il faut prendre en compte avant de débuter, afin d’adapter la taille de votre potager au temps que vous comptez lui consacrer. Il faudra évidemment plus de temps pour un potager de plusieurs dizaines de mètres carrés que pour quelques pots sur un balcon. Inutile donc de voir trop grand si vous ne comptez pas y passer des heures par semaine.

L’orientation :

Un autre point à ne pas négliger est l’orientation de votre futur potager. Même s’il est tout à fait possible de jardiner à l’ombre, certains légumes auront besoin de faire le plein de soleil pour arriver à maturité. A l’inverse, en fonction des régions et des conditions climatiques, un peu d’ombre portée protègera vos plants en pleine canicule. Le plus simple reste donc un jardin exposé sud ou sud-ouest pour bénéficier d’un maximum d’ensoleillement.

Le type de sol :

Il existe une multitude de sols différents : plutôt sableux (drainant), plutôt argileux (rétention d’eau), plutôt acide ou calcaire… Le sol parfait n’existe pas ou en tout cas très rarement. C’est une donnée à prendre en compte car cela modifiera la façon de jardiner. Néanmoins, pas de grosses inquiétudes, si vous apportez de l’eau et favorisez la vie de votre sol, vous pourrez y cultiver quasiment tout ce que vous voulez (en tenant compte cependant des conditions météo). Le sol idéal a un pH neutre à légèrement acide, doit pouvoir être meuble tout en retenant suffisamment l’eau. Pour cela, il vous faudra peut-être améliorer votre sol d’année en année afin d’obtenir les caractéristiques les plus propices aux cultures. On parle d’amender le sol, c’est-à-dire, réaliser des apports divers pour améliorer la texture du sol mais aussi et surtout l’enrichir. Les différentes cultures successives vont en effet puiser leurs nutriments dans le sol et donc progressivement l’appauvrir. Amender sa terre est donc une condition inévitable pour espérer cultiver son jardin plusieurs années.

Les outils :

Pour jardiner, il vous faudra quelques outils. Là encore, pas besoin de voir trop grand, le kit de base ne nécessite que quelques outils abordables. Vous pourrez enrichir votre matériel au fur et à mesure en fonction de vos besoins. Pour commencer, voici quelques idées :
– une bêche ou fourche-bêche pour retourner la terre et ameublir le sol (éventuellement une grelinette si vous souhaitez déranger le moins possible votre sol mais au lancement, ce ne sera sans doute pas suffisant)
– une binette pour ameublir en surface, planter, arracher certaines herbes…
– un râteau pour casser les mottes, égaliser le sol, étaler les amendements
– un arrosoir évidemment

Vous voilà prêts à débuter pour potager !

Une fois l’endroit le plus adapté choisi, délimitez votre zone de culture, à l’aide d’un cordeau ou tout simplement « à l’œil ». L’idéal est de réaliser une ou plusieurs petites parcelles qui pourront être cultivées facilement sans les piétiner. En effet, une fois votre sol prêt, il faut éviter de marcher dessus sous peine de la tasser et de perturber votre meilleur allié : la vie du sol. Des planches de culture d’environ 1m50 de large permettront ainsi d’atteindre facilement la partie centrale. Pour la longueur, à vous de voir selon la place disponible. Prévoyez des allées suffisamment larges entre 2 parcelles pour y circuler facilement, y passer avec la brouette ou la tondeuse…

Il est maintenant temps d’utiliser l’huile de coude. Si vous partez sur un sol non cultivé jusque-là, il va falloir l’ameublir. Sur de l’herbe, il faudra tout d’abord retirer celle-ci à l’aide d’une bêche ou d’une binette par exemple, en « découpant » la première couche du sol, juste sous les racines de l’herbe et ainsi, mettre la terre à nue.
Décompactez ensuite la terre, là encore à l’aide de la bêche par exemple, sur environ 1 hauteur de bêche. Ce travail est essentiel lors du démarrage d’un potager afin d’ameublir le sol, lui apporter de l’oxygène et lui permettre d’accueillir facilement les futurs plants. Les années suivantes, il faudra éviter au maximum de déranger ce sol pour ne pas perturber ses habitants (que ce soit les bactéries, champignons ou encore les vers de terre).
Les grosses mottes de terre devront ensuite être réduites à l’aide du râteau jusqu’à obtenir la terre la plus fine possible. Profitez-en pour retirer les plus gros cailloux et autres débris qui pourraient gêner l’enracinement.
Bravo, votre planche potagère est prête ! Enfin presque… Si certains légumes pourront facilement pousser de votre sol de base une fois travaillé ainsi, il se peut que celui-ci soit trop pauvre pour certaines cultures les plus gourmandes (tomates, courges…). C’est à ce moment qu’il faut mettre à profit les mois d’hiver pour enrichir votre sol jusqu’au printemps.

Plusieurs solutions sont possibles dans le but d’apporter les nutriments nécessaires à la croissance des plants et des légumes (notamment de l’azote, du potassium…) mais aussi la matière organique qui permettra d’une part d’améliorer la texture du sol et d’autre part qui se décomposera lentement enrichissant également le sol. Il est par exemple possible d’ajouter du compost (maison ou autre) et éventuellement du fumier (récupéré chez un agriculteur du coin ou acheté en jardinerie). Différents amendements sont aussi disponibles dans le commerce si besoin, mais le mieux étant encore de faire avec ce qu’on a sous la main (les déchets de cuisine sont une source dont tout le monde dispose facilement). Essayez de diversifier les apports au maximum. Il faudra légèrement intégrer ces apports avec les premiers centimètres de terre (un coup de râteau ou de griffe par exemple). La vie du sol et le temps feront le reste bien mieux que vous : les habitants du sol, microscopiques et macroscopiques, vont digérer ces différents amendements et progressivement les mélanger, améliorant par la même occasion la fertilité. Quelques semaines ou mois plus tard, votre potager sera prêt à accueillir les premiers semis et les premiers plants. (Encore une fois, il est éventuellement possible de réaliser certaines plantations tout de suite.)

Dernière étape et non des moindres, il est vivement recommandé de « pailler » les planches de cultures afin de protéger le sol. Ceci consiste à apporter une couche protectrice sur le sol qui permettra ainsi d’éviter son lessivage par les pluies et évitera qu’il se compacte, abritera ses habitants et l’améliorera également à long terme à mesure que ce paillage se dégradera. Dans l’idéal, il ne faut jamais laisser un sol nu. Pensez à la forêt qui dispose en permanence d’une couche protectrice importante riche en humus donc fertile. Là aussi, plusieurs options existent pour réaliser un paillage et il est possible d’utiliser à peu près tout ce qu’on a sous la main : paille, foin, feuilles mortes, débris végétaux, bois broyé… Une bonne couche de plusieurs centimètres offrira une couverture bien douillette à votre potager.

Il ne vous reste plus qu’à réfléchir aux cultures que vous souhaitez mettre en place la saison prochaine… à suivre !

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